Les traitements médicamenteux dans la maladie de Parkinson

Les premiers traitements médicamenteux destinés au traitement de la maladie de Parkinson sont apparus vers les années 1960. De nombreuses stratégies se sont ensuite développées dans le cadre de la prise en charge de cette pathologie. Les traitements proposés sont aujourd'hui essentiellement symptomatiques, ils ont pour but de réduire la sévérité des symptômes mais ne permettent pas de ralentir ou de stopper la progression de la maladie.



Source : Poewe & al. (2017) - Nature Review

Les symptômes de la maladie de Parkinson sont principalement causés par une dégénérescence des neurones dopaminergiques de la voie nigro-striée des noyaux gris centraux. Les neurones de cette voie utilisent la dopamine, qui est un neurotransmetteur, pour réguler l'activité des noyaux gris centraux, eux-mêmes en charge de l'initiation et de la régulation motrice. La dégénérescence des neurones dopaminergiques va entraîner une diminution de la concentration en dopamine, une mauvaise régulation des voies impliquées et l'apparition des symptômes caractéristiques de la maladie de Parkinson.


Afin de rétablir le contrôle dopaminergique au niveau des noyaux gris centraux, plusieurs stratégies ont été mises en place :


Augmenter l’apport en dopamine : L-DOPA


La lévodopa ou L-DOPA est la molécule la plus prescrite pour le traitement de la maladie de Parkinson. La L-DOPA va passer la BHE* et être convertie en dopamine au niveau central par la dopa-décarboxylase.

Pourquoi ne pas directement proposer de la dopamine au patient ?

La dopamine, contrairement à L-DOPA ne passerait pas efficacement BHE. De ce fait, elle resterait au niveau sanguin et ne serait pas disponible au niveau cérébral.

La carbidopa ou le bensérazide sont utilisés en association avec la lévodopa. Ils permettent de limiter la dégradation de la lévodopa au niveau périphérique (c’est-à-dire au niveau sanguin, avant le passage vers le cerveau). Le but est d’augmenter la concentration de lévodopa qui pénètre au niveau central en diminuant sa dégradation au niveau périphérique.


Les médicaments basés sur cette interaction sont :

  • MODOPAR (lévodopa/bensérazide), disponible sous forme orale et en libération prolongée permettant de limiter le nombre de prises du médicament.

  • SINEMET (lévodopa/carbidopa) : disponible sous forme orale et en libération prolongée.

  • DUODOPA (lévodopa/carbidopa) : disponible sous forme de gel intestinal. Une sonde intestinale est implantée et permet l’administration du gel.


Limiter la dégradation de la dopamine


Au niveau physiologique, la dopamine est métabolisée par des enzymes spécifiques. Afin d’augmenter la concentration disponible de dopamine, des traitements se basent sur le blocage de ces enzymes afin de limiter sa dégradation.

  • Inhibiteur de la COMT (catechol-O-methyl-transfèrase). Cette enzyme métabolise la dopamine en 3-methoxy-tyramine. L’entacapone et la tolcapone sont les deux molécules retrouvées dans cette famille. L’entacapone est la plus utilisée et est retrouvé dans la spécialité COMTAN sous forme orale.


  • Inhibiteur de la MAO-B (mono-amine oxydase B). Cette enzyme métabolise la dopamine en DOPAC (acide di-hydroxyphenylacetique). On retrouve dans cette famille la rasagiline, la selegiline et le safinamide. Ces molécules sont retrouvées dans les spécialités AZILECT (rasagiline), DEPRENYL (rasagiline) et XADAGO (safinamide) sous forme orale.


Mimer l’action de la dopamine : les agonistes dopaminergiques


Le but de ces molécules est de reproduire l’action de la dopamine sur ses récepteurs. Leur structure va se rapprocher en partie de celle de la dopamine, leur permettant d’être reconnues par les récepteurs D1 et D2 et de déclencher une cascade de mécanismes au niveau cellulaire.

On retrouve notamment le pramipexole (spécialité : SIFROL, OPRYMEA), le ropinirole (spécialité : REQUIP) sous forme orale et libération prolongée.

Le bromocriptine (spécialité : PARLODEL) pourra également être prescrite sous forme orale.


Dans le cas de fluctuations motrices importantes, la pompe à apomorphine (APOKINON) peut être prescrite sous forme de solution injectable comme traitement d’appoint.

Enfin, une forme de patch transdermique est disponible et commercialisée sous le nom de NEUPRO. L’agoniste dopaminergique utilisé est la rotigotine.



En conclusion…


Les traitements actuels ont pour but de modifier le métabolisme dopaminergique ou d'accroître sa concentration pour assurer un maintien des fonctions gérées par ce neurotransmetteur.

Le traitement de maladie de Parkinson est large et ne restreint au traitement médicamenteux seul. D’autres interventions vont venir compléter cette prise en charge. Une intervention chirurgicale, la stimulation cérébrale profonde, pourra être proposée dans certains cas.

La rééducation permet quant à elle de pallier certains des symptômes moteurs observés réagissant peu au traitement médicamenteux comme les troubles axiaux.

La technologie actuelle permet aujourd'hui de soutenir la prise en charge et la rééducation proposée. Des nouvelles solutions se développent, comme le WALK, dispositif médical basé sur l'utilisation d'une technique de rééducation reconnue.


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* Barrière Hémato-Encéphalique, « filtre » permettant de limiter le passage de nombreux composants dans le sang circulant au niveau du cérébral)

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