La rééducation dans la maladie de Parkinson

Mis à jour : 20 sept. 2019

La rééducation dans la maladie de Parkinson fait partie intégrante de la prise en charge de cette pathologie et ne doit en aucun cas être négligée. Elle permet de réduire efficacement les troubles de marche associés.


Cet aspect du traitement du patient est géré par de nombreux professionnels de santé spécialisés : kinésithérapeutes, médecins rééducateurs, ergothérapeutes, psychomotriciens… Le patient lui-même peut devenir un acteur de sa rééducation, en réalisant une activité physique régulière, en réalisant des programmes de rééducation dans certains centres spécialisés ou en s’équipant d’appareils spécifiques.

Les professionnels de la rééducation dans la maladie de Parkinson :


Dans la gestion de la rééducation du patients parkinsoniens, plusieurs professions de santé sont amenées à intervenir :


Les kinésithérapeutes

Des séances peuvent être prescrites très en amont dans la prise en charge de la maladie à raison de 2 à 4 fois par semaine. Le patient sera amené à travailler certains mouvements spécifiques, afin de conserver une force musculaire et une souplesse dans ses gestes.


Les ergothérapeutes

Ils sont spécialisés dans les gestes de la vie quotidienne et dans le retour à domicile. Ils sont sollicités pour fournir des solutions d’aménagements du domicile, par exemple ou pour proposer certaines aides techniques en fonction des symptômes moteurs décrits.


Les médecins rééducateurs

Ils peuvent déterminer une stratégie de rééducation générale du patient lors d’une visite en centre de rééducation ou lors d’une hospitalisation. Ils prennent en charge les patients durant toute la durée de leur séjour et s’assurent du bon déroulement de leur rééducation.

Les psychomotriciens

La psychomotricité repose sur le principe d'unicité du corps et de l’esprit. Les exercices proposés par le psychomotricien vont prendre en compte ces deux composantes. Ils permettent au patient de mieux connaitre son corps et de le rendre conscient de son environnement afin qu’il puisse réagir de façon adaptée.


Les cures thermales spécialisées dans la maladie de Parkinson

Il est possible de participer à des cures thermales ou des stages de rééducation dans des centres spécialisés. Actuellement, 3 cures en France se sont spécialisées dans la prise en charge de cette pathologie :

De nombreux centres de rééducation se sont également spécialisés dans les troubles de marche d’origine neurologique. Les programmes proposés peuvent durer de 1 à 2 mois en fonction des objectifs du patient.



Les programmes de rééducation développés pour la maladie de Parkinson


La méthode LSVT BIG

Les mouvements des patients atteints de la maladie de Parkinson sont souvent qualifiés comme lents (bradykinésie), hésitants (akinésie) ou présentant une amplitude réduite (hypokinésie).

Dans la méthode LSVT BIG, l’attention est focalisée sur l’amplitude des mouvements et non sur la vitesse. Pour la marche, le but est d’augmenter la longueur de foulée, sans augmenter sa cadence de marche. Les thérapies actuelles se basent sur un comportement compensatoire et des indices externes pour contourner la dysfonction des noyaux gris centraux.

Deux études centrées sur l’efficacité de cette technique ont été décrites. Une première étude non contrôlée a été menée sur 18 patients parkinsoniens et montre une amélioration de la vitesse (12-14%).

Une seconde étude a été menée sur 60 patients, en comparant plusieurs techniques et activités de rééducation : LSVT BIG, la marche nordique ou un entraînement domestique non supervisé. Après un suivi de 4 mois, une diminution du score UDPRS de 5.05 points a été observée pour la LSVT BIG tandis que le score UPDRS des deux autres groupes n'a que très légèrement diminué. Pour rappel, l'échelle UPDRS est utilisée en routine dans l'évaluation de l'état général du patient, permettant de déterminer avec une grande fiabilité le degré d'atteinte du patient. Elle prend en compte l'aspect mental, comportemental et moteur de ce dernier.

Les effets de la rééducation LSVT BIG sont également observables sur les tests Timed Up and Go (mesurant le risque de chute) et le test de marche sur 10 mètres. On note une diminution sur le temps de parcours de 10 à 15%.


L’exercice physique intense

Comme cité précédemment, de premières études sur les modèles murins ont permis de démontrer l’impact d’un exercice physique intense sur la neurodégénérescence et sa capacité possible à induire une neuroprotection. En se basant sur ces premiers résultats précliniques, de nouvelles études cliniques sur l’Homme ont été réalisées. Les patients ayant effectué un exercice physique intense forcé de 3 heures par jour (séparé en séance de 1h) pendant 2 mois ont vu leur score UPDRS-III réduit de 35% après le traitement et de 11% après 4 mois. Leur capacité cardio-respiratoire a été également améliorée à la suite du programme proposé. Bien que cette technique semble réduire considérablement les troubles moteurs, elle reste contraignante à mettre en place et à suivre (3 heures de sports intensifs par jour), de plus, elle doit être maintenue dans le temps (diminution du score UPDRS 4 mois après le traitement). Sur un modèle similaire, un programme dénommé SIROCCO a été mis en place au CHU de Lyon. Il consiste en une rééducation intensive au sein du centre de 9h à 17h pendant 5 semaines consécutives. La prise en charge est multidisciplinaire, elle inclut la kinésithérapie, l’ergothérapie et l’orthophonie.


L’utilisation d’indices sensoriels pour optimiser la rééducation de la maladie de Parkinson

L’utilisation de stimulation sensorielle, visuelle ou auditive, permet d'accompagner la rééducation du patient, de le recentrer sur sa marche et de lui permettre de développer une marche plus fluide et plus rythmée.

La stimulation rythmique auditive est une des méthodes de rééducation neurologique utilisée fréquemment lors des séances. Elle consiste en l'utilisation d'indices sonores rythmés permettant au patient de travailler sa gestion du rythme et sa coordination des mouvements. En synchronisant ses pas sur la stimulation perçue l'utilisateur peut atténuer ses troubles de marche tels que la bradykinésie ou le freezing. Les études publiées sur le sujet montrent une amélioration de la vitesse et de la longueur de foulée du patient.

Le dispositif WALK est basé sur cette méthode et permet de soutenir l'utilisateur dans sa marche et dans la réalisation de ses gestes quotidiens. Pour en savoir plus sur notre dispositif, nous vous invitons à consulter notre site internet en cliquant ci-dessous.



Références

Farley BG, Koshland GF. Training BIG to move faster: the application of the speed-amplitude relation as a rehabilitation strategy for people with Parkinson’s disease. Exp Brain Res. 2005 Dec;167(3):462–7.


Ebersbach G, Ebersbach A, Edler D, Kaufhold O, Kusch M, Kupsch A, et al. Comparing exercise in Parkinson’s disease--the Berlin LSVT®BIG study. Mov Disord. 2010 Sep 15;25(12):1902–8.


Ridgel AL, Vitek JL, Alberts JL. Forced, not voluntary, exercise improves motor function in Parkinson’s disease patients. Neurorehabil Neural Repair. 2009 Aug;23(6):600–8.


L’activité physique contre Parkinson: le CHU de Lyon lauréat du prix Hélioscope 2017 [cited 2019 Apr 8]. Available from: https://www.reseau-chu.org/article/lactivite-physique-contre-parkinson-le-chu-de-lyon-laureat-du-prix-helioscope-2017/

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