Nouveauté en thérapie génique pour la maladie de Parkinson

Une nouvelle étude menée par l’UC San Francisco vient d’être menée à bien. Elle a permis de démontrer l’efficacité d’une technique consistant modifier un gêne d'une protéine impliquée dans la maladie de Parkinson. Cette opération délicate permettrait de réduire la gravité des symptômes moteurs chez les parkinsoniens à un stade avancé de la maladie.

Credit: Jonathan Bailey, National Human Genome Research Institute, NIH

Problématique : le traitement par levodopa


Une problématique souvent rencontrée dans la maladie de Parkinson est le dosage de la lévodopa. Plus la maladie avance, plus il est difficile de prescrire la bonne dose de levodopa. La fenêtre thérapeutique efficace du diminue, entraînant des dyskinésies (mouvements involontaires) ou des phases OFF (ralentissement moteur important). Cette perte progressive d’efficacité de levodopa est attribuée, entre autres, à l’AADC (L'acide L-aminé aromatique decarboxylase), une enzyme primaire qui convertit la levodopa en dopamine, et qui est de moins en moins présente plus la maladie progresse.



Une nouvelle thérapie : l'édition génique


L’équipe de Bankiewicz propose une innovation en thérapie génique afin de fournir cette enzyme cruciale en livrant le gène pour l’AADC, grâce à un virus inactivé. Le gène est injecté à l’aide d’un cathéter par IRM intra-opératoire jusque dans une structure interne du cerveau appelée le putamen.






« C’est le premier essai clinique en thérapie génique concernant la maladie de Parkinson utilisant cette technologie. Ceci nous a permis de visualiser et guider l’injection du traitement dans le cerveau en temps réel, pour assurer une livraison dans la zone donnant le plus de bénéfice.»







Pour l’étude les patients, âgés entre 40 et 70 ans, sont divisés en 3 groupes de 5 personnes :


  • Le groupe 1 reçoit une concentration X sur une surface donnée du putamen.

  • Le groupe 2 reçoit la même concentration que le groupe 1 sur une surface deux fois plus importante que le groupe 1.

  • Le groupe 3 reçoit 3 fois la concentration du groupe 1 et 2 sur la même surface que le groupe 2.



Des résultats prometteurs


L’objectif principal de cette étude était de s’assurer que le traitement était sans danger. Cet objectif a été atteint, et d’autres effets ont été observé 6 mois après l’intervention :


  • Les patients ont pu réduire leurs dosages de lévodopa.

Le traitement médical était réduit de 15% dans le groupe 1, 33% dans le groupe 2, et 42% dans le groupe 3.


  • La durée de la phase ON est augmentée.

Les patients des 3 groupes ont augmenté la durée de leur phase ON de 1,6 heures (groupe 1), 3,3 heures (groupe 2) et 1,5 heures (groupe 3), sans dyskinésie.


  • Les symptômes en phase OFF sont réduits.

Des réductions de symptômes ont été notées en phase OFF également, dans tous les groupes. Dans le groupe 1, qui a eu le suivi le plus long, cette amélioration a duré 36 mois.



Vers une étude de phase II

La phase II de cette étude de thérapie génique a été lancée récemment, et va permettra de mieux comprendre détailler les apports de l’intervention et de confirmer sa sécurité.


"Nous estimons que ce traitement permettra aux patients de mieux transformer la levodopa en dopamine, entrainant alors des améliorations en motricité à chaque dose. Etant donné que beaucoup de patients ont été capable de réduire conséquemment leurs doses, le traitement par thérapie génique peut aussi aider les patients à réduire les symptômes liés aux médicaments, comme le sommeil et les nausées." déclare Paul Larson, médecin à l'UCSF au département de neurochirurgie et auteur principal de cette étude.


Source : https://www.ucsf.edu/news/2019/03/413696/gene-therapy-shows-initial-promise-parkinsons-disease


Co-auteurs : Krystof Bankiewicz, MD, Alastair Martin, PhD, and Marin Thompson, MS, of UCSF; Amber Van Laar, MD, and R. Mark Richardson, MD, of the University of Pittsburgh; Bernard Ravina, MD, of Praxis Precision Medicines; Adrian Kells, PhD, of Voyager Therapeutics, Inc.; Brendon Boot, MBBS, of Brigham and Women’s Hospital; and John Nutt, MD, of Oregon Health Sciences University.


Cette étude a été financée par : Michael J. Fox Foundation for Parkinson’s Research et Voyager Therapeutics, Inc.

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