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Les troubles axiaux : Symptômes de la Maladie de Parkinson

Comment décrire les troubles axiaux dans la maladie de Parkinson ? Existe-t-il des traitements pour réduire ces symptômes ?


Nous remercions le docteur Moreau du CHRU de Lille et Cédric Heda pour nous permettre de relayer cette information et apporter notre expertise sur le sujet.


Comment sont définis ces troubles axiaux dans la maladie de Parkinson ?

Les troubles axiaux correspondent tout simplement aux troubles touchant l’axe du corps.

Ces troubles apparaissent généralement au cours du stade avancé de la maladie, après 10 ans d’évolution. Dans certaines formes de la maladie, ces troubles peuvent survenir plus tôt (environ 3 ans après le diagnostic).

Les 4 principaux troubles axiaux dans la maladie de Parkinson sont : les troubles de la marche, les troubles de la posture, les troubles de la parole et les troubles de la déglutition.



Quelles sont les origines neurologiques de l’apparition de ces troubles axiaux ?

Il est largement connu que la maladie de Parkinson, résulte d’une dégradation progressive des neurones dopaminergiques et d’une diminution en concentration de la dopamine.

Ces troubles axiaux étant peu, ou pas, impactés par le traitement conventionnel par supplémentation dopaminergique, il est supposé que ces derniers résultent d'une atteinte d’autres zones cérébrales.

Bien qu’il n’est pas encore aujourd’hui possible de connaitre précisément l’origine de ces troubles axiaux, certaines études indiquent qu’une atteinte du système GABAergique et glutamaergique pourrait expliquer l’apparition de ces symptômes.


Quels sont les impacts de ces troubles sur la vie du patient ?

Ces troubles sont très importants à considérer pour les raisons suivantes :

  • Ils surviennent chez 80% des patients après 10 ans de progression de la maladie et impactent négativement la qualité de vie du patient.

  • Ils sont très peu sensibles au traitement conventionnel (levodopa, stimulation cérébrale profonde).

  • Les troubles de la marche et de la posture entraînent souvent des chutes à répétition.

  • Les troubles de la déglutition peuvent entraîner des fausses routes et doivent donc être détectés et pris en compte rapidement par l’entourage.


Quelles sont les solutions pour prendre en charge ces troubles axiaux ?

Ces troubles peuvent bien entendu être pris en charge par une réflexion multidisciplinaire, le kinésithérapeute et l’orthophoniste occupant un rôle central dans la rééducation du patient.

  • Pour les troubles de la parole : prise en charge par un orthophoniste pour favoriser le maintien de la parole.

  • Pour les troubles de la déglutition : orthophoniste et neurologue pour proposer une prise en charge complète. Rendez-vous avec une nutritionniste et prévenir les aidants. Si les troubles sont trop sévères, envisager une nutrition par voie entérale (par le tube digestif directement).

  • Pour les troubles de la posture : kinésithérapie avec rééducation posturale et musculature axiale. Il est possible d’envisager l’installation d’une minerve ou de corset dans le cas d’une déformation du rachis et le développement d’une camptocormie.

  • Pour les troubles de la marche (festination, freezing) : kinésithérapie avec une rééducation orientée sur les troubles de la marche. L’utilisation d’indiçages sensoriels (auditifs ou visuels) peut servir à soutenir cette prise en charge et à limiter le phénomène de freezing. Par exemple, la méthode de rééducation mise en oeuvre par le WALK consiste à utiliser des stimulations sonores pour soutenir la marche du patient, lui permettant de retrouver une démarche fluide et rythmée. Il est conseillé de pratiquer une activité physique régulière, et de privilégier des activités impliquant une mobilisation des capacités motrices et du rythme (APA, danse, tai-chi, marche nordique).


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Références

  • Guide du parcours de soin ANSM - Maladie de Parkinson

  • O’Gorman Tuura, R.L., Baumann, C.R., Baumann-Vogel, H., 2018. Beyond Dopamine: GABA, Glutamate, and the Axial Symptoms of Parkinson Disease. Front. Neurol. 9. [Lien]

  • Ziégler, M., 2006. Advanced Parkinson’s disease. Psychologie & NeuroPsychiatrie du vieillissement 4, 5–10. [Lien]