L'exercice physique pour ralentir la maladie de Parkinson

Il est largement connu que la pratique d'une activité physique régulière permet de prévenir l'apparition ou de ralentir la progression de nombreuses pathologies comme le diabète, les AVC, l'ostéoporose, les pathologies cardiaques...


Nous allons donc nous intéresser aujourd'hui sur son effet sur la maladie de Parkinson et sur son impact.



Avant tout de chose il est important de ce poser cette première question : pourquoi la maladie de Parkinson progresse et quels sont les leviers permettant de la ralentir ?


Pourquoi la maladie de Parkinson évolue ?


La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative liée à une destruction progressive des neurones produisant de la dopamine. Une des premières zones touchées est la substance noire, contenant une forte population de neurones dopaminergiques. Au fil du temps, d'autres aires cérébrales vont être lésées, et de nouveaux symptômes vont apparaitre (troubles de la parole, de la déglutition, démence).


Consulter notre article sur les différents stades de la maladie de Parkinson


La cause principale de la destruction des neurones est l'accumulation d'une protéine appelée l'α-synucléine. C'est en particulier un mauvais repliement de cette protéine (la protéine n'a pas la forme attendue) qui pourrait aboutir à son agrégation et son accumulation. La cause principale de ce mauvais repliement est encore complexe à définir mais est fortement lié au stress oxydatif.


Le stress oxydatif ? Le stress oxydatif est une agression des espèces réactives de l'oxygène par nos cellules. La production de ces espèces est normale, et survient régulièrement dans notre organisme. Cependant leur production peut devenir anormale et non contrôlée, aboutissant à l'apparition de cet état de stress et à un vieillissement / destruction prématurée de nos cellules.

Le stress oxydatif est un mécanisme très complexe et très large, mais régulier ce phénomène pourrait être une piste prometteuse pour contrôler la progression de la maladie de Parkinson.



Comment l'exercice physique peut-il avoir un impact sur la progression de la pathologie ?


Il est reconnu que l'exercice physique atténue en partie le stress oxydatif des cellules en activant certaines enzymes anti-oxydantes et réduit l'expression de certains gênes impliqués dans l'apoptose (la mort programmée des cellules).


De plus, il a été démontré que l'exercice physique promeut la neuroplasticité et participe donc à la réorganisation de certains systèmes neuronaux.


Aujourd'hui les effets neuro-protecteurs de l'activité physique ont essentiellement été démontrés sur des modèles de souris (pour la maladie de Parkinson). L'activité physique réduit l'altération des neurones de la substance noire et permet une adaptation des connexions des neurones dopaminergiques au sein des noyaux gris centraux. Cette survie et cette adaptation est en partie expliquée par une augmentation du BDNF, une protéine qui agit comme un facteur de croissance des neurones.


Le BDNF ? Le facteur neurotrophique issu du cerveau (brain derived neurotrophic factor) est une protéine impliqués dans la survie des neurones, elle stimule la croissance des neurones et la production de nouvelles synapses (connexion entre neurones) .

Ces éléments soutiennent l'hypothèse que l'effort physique permettrait de ralentir la dégénérescence des neurones et par conséquent ralentirait la progression de la maladie de Parkinson.



Quelles sont les preuves actuelles des effets de l'exercice physique sur le ralentissement de la maladie de Parkinson ?


L'équipe de Chromiec à étudié l'effet de la marche rapide sur 70 patients atteints de la maladie de Parkinson, sur une période d'entrainement de 6 mois. Il a été démontré une réduction des symptômes moteurs et une amélioration de la fonction motrice avec une persistance de ces bénéfices 6 mois après l'intervention. Le défi est encore une fois de conserver ces habitudes sans supervision d'un professionnel de santé pour assurer une amélioration de l'état du patient sur le long terme.

Cette étude, bien que robuste sur le plan méthodologique, valide uniquement l'effet de l'activité physique sur les symptômes moteurs et non le ralentissement de la progression de la pathologie.


Une étude plus récente de Tsukita & al. montre une corrélation entre une activité physique maintenue dans le temps et un ralentissement de la dégradation de plusieurs paramètres cliniques. Elle montre en particulier que le type d’exercice réalisé pourrait permettre le maintien de certaines fonctions spécifiques. Par exemple, la réalisation d’exercices physiques modérés à intenses permet de maintenir les fonctions de marche et de posture alors que les activités associées à un travail améliore la vitesse de traitement de l'information motrice.


Quelque soit l'effet recherché, le facteur clé permettant d'améliorer la condition du patient est le maintien de cette activité sur le long terme.

L'utilisation du dispositif WALK pour le maitien de l'activité physique


Le dispositif WALK a été conçu dans l'optique de soutenir la rééducation proposée dans le cadre de la maladie de Parkinson et de promouvoir le maintien de l'activité physique à domicile.

Il met en œuvre une méthode de rééducation neurologique appelé la stimulation rythmique auditive, décrite et utilisée depuis plus de 20 ans. Elle permet au patient, grâce à des sons rythmés, de réguler sa marche, augmenter sa longueur de pas et réduire la survenue des épisodes de freezing. Le WALK est utilisable en toute autonomie par le patient et permet donc d'assurer un soutien de la réalisation d'exercices physique à domicile et le maintien d'une marche régulière sur le long terme.



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Bibliographie


Tsukita, K., Sakamaki-Tsukita, H., Takahashi, R., 2022. Long-term Effect of Regular Physical Activity and Exercise Habits in Patients With Early Parkinson Disease. Neurology 98, e859–e871.


Chromiec, P.A., Urbaś, Z.K., Jacko, M., Kaczor, J.J., 2021. The Proper Diet and Regular Physical Activity Slow Down the Development of Parkinson Disease. Aging Dis 12, 1605–1623.


Mak, M.K.Y., Wong-Yu, I.S.K., 2021. Six-Month Community-Based Brisk Walking and Balance Exercise Alleviates Motor Symptoms and Promotes Functions in People with Parkinson’s Disease: A Randomized Controlled Trial. J Parkinsons Dis 11, 1431–1441.











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