La kinésithérapie dans la maladie de Parkinson

Mis à jour : oct. 20


L’importance de la kinésithérapie pour la maladie de Parkinson


La kinésithérapie a pour but de maintenir les patients actifs et indépendants, avec un corps aussi en forme que possible. Le kinésithérapeute fait partie d’une équipe pluridisciplinaire, c’est-à-dire d’un groupe de professionnels de santé aux aires d’expertises différentes, qui, ensemble, participent à la gestion des symptômes liés à la maladie de Parkinson et à l’amélioration de la qualité de vie des patients.

Les kinésithérapeutes utilisent l’activité physique et diverses thérapies pour garantir une indépendance fonctionnelle. Ils travaillent en cabinet, dans les hôpitaux et au domicile des patients.


Les objectifs clés de la kinésithérapie dans la maladie de Parkinson sont les suivants :


  • Maintenir et améliorer les capacités physiques et l’autonomie

  • Corriger et améliorer la posture et l’équilibre

  • Minimiser les risques de chute

  • Maintenir la force et la souplesse

  • Optimiser le déroulé des activités quotidiennes (sortir du lit, se lever d’une chaise)

  • Maintenir une démarche prudente (avec ou sans aides à la mobilité)

  • S’il y a des blocages (dits freezings), trouver des stratégies d’adaptation à travers des signaux auditifs ou visuels

  • Améliorer les capacités manuelles (attraper, tendre la main)

  • Maintenir des capacités respiratoires adéquates à travers des exercices de respiration

  • Apprendre des techniques de relaxation

  • Former les aides-soignants

Le rôle du kinésithérapeute en fonction du stade de la maladie


Le kinésithérapeute évalue avant tout la mobilité de son patient, et plus précisément analyser les difficultés à la marche, aux transitions de posture, à l’équilibre, aux chutes, à la dextérité manuelle et à la capacité physique. Il cherchera ensuite à en comprendre l’origine.

Il évalue alors la capacité à réaliser ses tâches quotidiennes. Ceci peut prendre plusieurs séances, et le kinésithérapeute peut demander au patient d’évaluer ses capacités à domicile.

Le kinésithérapeute va fixer des objectifs en fonction des besoins du patient et convenir d’un plan de travail avec lui. En général, c’est une combinaison de conseils et bonnes pratiques, en plus d’un programme d’exercices et de stratégies permettant de mieux gérer ses activités quotidiennes.


D’après les directives KGNF (l’association néerlandaise de kinésithérapie) pour la kinésithérapie chez les personnes souffrant de la maladie de Parkinson, les objectifs de la kinésithérapie dépendent du stade de la maladie de Parkinson de la personne atteinte.


Début de la pathologie

Le but principal au début de la maladie est d’empêcher l’inactivité, et d’améliorer les capacités physiques autant en aérobie qu’en force musculaire et mobilité articulaire. Le kinésithérapeute peut notamment fournir un programme d’exercices à suivre seul ou en groupe, avec des conseils et suggestions pour le maintien de la forme physique. Les troubles de la marche sont peu handicapants mais il est crucial de conserver une activité physique pour retarder la progression de la maladie.


Stade moyen

Les troubles de la marche sont plus intenses, l’efficacité du traitement est moindre. La kinésithérapie a pour but d’améliorer la mobilité des membres supérieurs en particulier pour attraper des objets, mais aussi d’améliorer la posture, l’équilibre, la démarche et les transitions. Le kinésithérapeute peut fournir un panel d’exercices pour soutenir ces activités, notamment des exercices de la main pour maintenir la dextérité manuelle afin de pouvoir plus facilement boutonner sa chemise par exemple. Il peut aussi collaborer avec un ergothérapeute pour assurer la sécurité du domicile pour minimiser les risques d’accidents à la maison.

Il existe des stratégies de stimulation qui peuvent être utilisées pour améliorer la démarche et lutter contre les blocages. En outre, il existe des stratégies cognitives du mouvement pour apprendre à décomposer les mouvements complexes en une séquence de mouvements simples, afin de s’y concentrer étape par étape. Par exemple, pour passer du lit à la chaise : se placer au bord du lit, puis plier les genoux, placer les mains sur les côtés, pousser sur les mains, lever les fesses…


Stade tardif

Les troubles de la marche sont importants et peuvent nuire gravement à la qualité de vie du patient (chutes, freezing). Lors de cette phase, le kinésithérapeute cherche à éviter les complications pouvant apparaitre à la suite de l’utilisation d’un fauteuil roulant, ou l’alitement. Cela passe par le maintien d’une bonne respiration, l’évitement des plaies de pression, et un travail avec les aidants pour s’assurer un bon placement et une bonne posture sans douleurs.


Pour en savoir plus sur les différents stades de la maladie de Parkinson, vous pouvez consulter notre article dédié.


Faire de l’activité physique régulièrement et prudemment


Les personnes ayant la maladie de Parkinson sont, en règle générale, moins actives que la population saine du même âge. Un manque d’activité physique participe à une atteinte plus rapide du capital santé et entraine d’autres troubles comme des problèmes cardiaques, du diabète, de l’ostéoporose.


Le patient doit donc placer l’exercice physique au cœur de ses priorités au quotidien, en choisissant des types d’exercices adaptés à ses capacités et besoins physiques. Il est toujours bon de demander conseil à son kinésithérapeute avant de commencer un nouveau programme d’exercices.


Voici quelques conseils importants à suivre pour la pratique d’une activité physique efficace et prudente :

  • Bouger : Faire au moins 150 minutes d’activité physique par semaine. Lors de chaque séance, il est important de s’échauffer, transpirer un peu, et être à bout de souffle au point qu’il est dur de tenir une conversation. La répartition des 150 minutes peut être gérée de différentes façons : par exemple 5 sessions de 30 minutes ou des répétitions de 2 x 15 minutes ou 3 x 10 minutes. Il est conseillé de faire un effort physique deux ou trois fois par semaine sur des périodes courtes plutôt qu’une longue et unique séance le weekend par exemple.

  • Marcher : Réduire le temps passé assis, par exemple en marchant plutôt qu’en conduisant pour aller dans un lieu à proximité.

  • Varier : Alterner les types d’exercices pour travailler l’endurance, créer et maintenir la force musculaire, maintenir la mobilité articulaire et la souplesse.

  • Allonger les mouvements : Améliorer sa mobilité, en essayant de faire de larges mouvements, que l’on soit assis, allongé, debout ou en marche. Cela apporte une aide dans la réalisation des activités quotidiennes comme la marche et l’équilibre.

  • S’amuser ! : Etablir un programme d’activité contenant des exercices ou activités appréciés, en accord avec son emploi du temps et ses capacités physiques. Il est beaucoup plus facile de tenir à un programme qui plait et qui est à sa portée !

  • Trouver de la compagnie : avoir un compagnon d’activité ou faire des séances en groupe ajoute une dimension sociale qui peut être source de motivation. Prendre part à des cours groupés dans une association. Il existe des groupes de personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui organisent des ateliers spécialisés comme la danse ou le Tai chi, qui peuvent être une aide précieuse.

  • Choisir le bon moment : Faire une séance quand le traitement est efficace et quand la fatigue n’est pas présente.

  • Savoir s’arrêter : Il est normal de se sentir fatigué ou de transpirer durant l’effort, mais il faut arrêter si quelque-chose est trop inconfortable ou douloureux.

Si l’un des symptômes suivants est ressenti pendant l’effort, il est conseillé d’en parler à son médecin : douleurs, nausées, tête lourde, déséquilibre, poitrine serrée pendant plus de quelques minutes, palpitations cardiaques.

Avant de débuter une activité physique, il faut consulter son médecin ; en particulier si des problèmes cardiaques ou un risque pour une maladie de cardiaque ont été constatés. Le médecin doit également être contacté en cas de reprise après une période d’inactivité prolongée.


Le dispositif médical WALK

Il existe des outils technologiques et applications pour aider la pratique physique, il faut rester ouvert aux nouvelles manières de s’entrainer et de s’amuser en faisant des séances. Le dispositif médical WALK par exemple, se base sur une méthode de rééducation sensori-motrice reconnue, la stimulation rythmique auditive.

Le principe est d’utiliser un son rythmé pour permettre au patient de retrouver une marche fluide et rythmée et d’ainsi regagner en autonomie.



Quand faut-il consulter un kinésithérapeute ?


Un kinésithérapeute peut donner des conseils et des stratégies quel que soit le stade de la maladie. Si c’est cohérent, il peut fournir un traitement pour éviter, stabiliser, ou réduire tout problème rencontré lié à la mobilité générale et la manière dont les tâches quotidiennes sont réalisées.

Il est recommandé de parler à un kinésithérapeute dès que possible après le diagnostic de la maladie de Parkinson afin qu’il puisse apporter son soutien dans la gestion de la maladie.

Il est conseillé de parler à un kinésithérapeute dans les cas suivants :

  • S’il est difficile de faire de l’activité physique régulièrement et que l’on souhaite des conseils pour rester actif.

  • Pour des questions sur la fréquence, l’intensité, et la sécurité des séances d’activité physique.

  • Si des difficultés de marche, comme une lenteur, des piétinement, des hésitations ou des blocages (l’impression que vos pieds sont collés au sol) apparaissent.

  • En cas de chutes à cause de problèmes d’équilibre, ou une peur de chuter.

  • S’il est difficile de se lever d’une chaise, lit ou véhicule, ou de se retourner dans son lit

  • En cas de douleurs, notamment à la nuque, le dos ou les épaules.

  • Il convient d’informer son neurologue si une prise en charge par un kinésithérapeute est débutée.


Comment bien préparer son rendez-vous chez le kinésithérapeute ?


Avant le rendez-vous

Noter une liste de difficultés rencontrées et les questions à poser, en laissant de la place pour noter quelques réponses après discussion avec lui.


Pendant le rendez-vous

  • Être honnête : Le kinésithérapeute ne peut travailler qu’avec les informations fournies, il faut détailler au mieux son ressenti.

  • Tout comprendre : S’il y a une incompréhension, il est normal de demander de réexpliquer.

  • Être accompagné : Envisager de venir avec un ami ou une aide-soignante qui aide à la prise des notes ou au dialogue.

  • Connaitre ses difficultés : Pouvoir décrire ses principales difficultés et en quoi elles affectent son quotidien. Il est utile d’y réfléchir à l’avance car il est facile de perdre ses moyens sous la pression d’un rendez-vous.

  • Exprimer ses attentes : Être clair sur les perspectives de bénéfices grâce aux séances et au programme instauré.

  • Parler de ses médicaments : Informer son kinésithérapeute de ses traitements actuels ou passés, et en quoi ils sont ou ont été, ou non, efficaces. Cette information permettra au kinésithérapeute d’adapter sa prise en charge et de faire remonter l’information au neurologue afin que ce dernier adapte le traitement le plus rapidement possible.

Si son kinésithérapeute est incapable d’aider avec une difficulté en particulier, il peut conseiller d’autres professionnels de santé qui pourront prendre en charge les difficultés en question.


Le patient et son kinésithérapeute sont partenaires dans la gestion des symptômes de la maladie de Parkinson. Voici quelques aspects sur lesquels se concentrer :

  • Se mettre d’accord sur les objectifs de rééducation, en fixant des dates butoirs et des performances à atteindre.

  • Organiser un programme adapté à sa routine et à ses capacités.

  • Adopter une méthode de travail basé sur la communication, avec retours réguliers sur les exercices et la façon de les pratiquer.

  • Si le programme est difficile à suivre, il est nécessaire d’en parler avec le praticien afin qu’il ajuste les exercices.

Planifier la suite, avec des stratégies permettant de maintenir sa forme physique une fois la séance de rééducation terminée. Par exemple en utilisant un dispositif médical comme le WALK, il est possible de définir un programme et de maintenir une activité physique.


Quelques exercices utiles pour réduire ses troubles de marche grâce au WALK :


- Si une réduction de la longueur de pas et une marche lente est observée, le WALK fournira une stimulation sonore pour cadencer le pas et focaliser l'attention sur la marche pour développer un pas plus long

- Si la posture est courbée, le WALK agira comme un rappel pour regarder droit devant soi et conserver une position adéquate

- Si des phénomènes de freezing sont rencontrés, le WALK fournit un indice sonore pour permettre de relancer le premier pas puis la marche lors d'un blocage.

Pour en savoir plus sur ce dispositif, rendez-vous sur le site internet 👇


Source : https://www.epda.eu.com/living-well/therapies/therapists-and-multidisciplinary-care/physiotherapy/

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