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Maladie de Parkinson : facteurs de risque et facteurs protecteurs


Les causes de la maladie de Parkinson ne sont aujourd’hui pas clairement définies, c’est pourquoi on parle de maladie de Parkinson idiopathique. Dans 20% des cas, la maladie de Parkinson est d’origine génétique. Certaines mutations spécifiques vont entraîner des dysfonctions au niveau neuronal et induire une destruction précoces des neurones dopaminergiques.

Certains facteurs peuvent augmenter ou diminuer les risques de développer la maladie de Parkinson.

Quels sont les facteurs de risque de la maladie de Parkinson ?


Facteur de risque : exposition aux pesticides

Selon de récentes études, une corrélation semble apparaître entre la maladie de Parkinson et l’utilisation de pesticides.

Selon une étude française publiée en 2017, l’incidence de la maladie de Parkinson était plus élevée (13%) pour les personnes affiliées à la MSA (Mutualité Sociale Agricole) que les personnes non affiliées. Durant la même année, une seconde étude a démontré une corrélation entre les zones à forte activité agricole et l’augmentation des cas de Parkinson. Ces résultats pourraient établir une corrélation entre une exposition non-professionnelle à certains pesticides et l’incidence de cette pathologie.

Une étude de 2009 montre que, parmi les pesticides, l’exposition à des insecticides et en particuliers aux organochlorés augmentent considérablement le risque de développer la maladie de Parkinson.


Qu’est ce qui pourrait expliquer la toxicité de certains pesticides vis-à-vis des neurones ?


Le MPTP (1-méthyl-4-phényl-1,2,3,6-tétrahydropyridine) a été découvert par le Dr. Landson, suite à la prise d’héroïne contaminée de deux jeunes drogués qui ont progressivement développés des symptômes parkinsoniens, en particulier un ralentissement moteur.

Il a été conclut qu'une exposition trop importante à cette substances entraîne l’apparition d’un syndrome parkinsonien. Le MPTP est maintenant utilisée communément pour induire la maladie de Parkinson chez des modèles de souris. Cette molécule est transformée en MPP+ qui va entraîner la dégradation des neurones dopaminergiques.

D’un point de vue moléculaire, la structure du paraquat (pesticide) se rapproche de la structure du MPP+. Cette observation nous amène à supposer que le paraquat pourrait exercer une activité toxique au niveau des neurones dopaminergiques. Certaines études ont reporté une association positive entre l’exposition au paraquat et la survenue de la maladie de Parkinson.


En se basant sur ces études en épidémiologie et toxicologie, certains pesticides peuvent être associés à un facteur de risque de la maladie de Parkinson.

Des études plus larges doivent être menées afin de déterminer avec précision quels pesticides pourraient être impliqués dans un mécanisme neurotoxique et seraient susceptibles de favoriser l’apparition d’une pathologie neurologique comme la maladie de Parkinson.


Facteur de risque : pollution de l’air

La pollution de l’air est mesurée en analysant les compositions de l’air en matières particulaires (séparées en différents poids), en NO2, et en métaux lourds.

Les études concernant l’exposition aux matières particulaires et au NO2 présentent des résultats contradictoires. L’équipe de Liu a reporté une association positive entre l’exposition aux matières particulaires, uniquement chez les femmes non-fumeuses. A l’inverse, les études menées par l’équipe de Palacio sur 50.000 hommes et 115.000 femmes au total ne montrent pas différences significatives entre les groupes exposés et non-exposés.


Les études menées sur l’exposition aux métaux lourds quant à elles (manganèse, cuivre et mercure) montrent globalement une association positive entre l’exposition et la survenue de la pathologie. L’étude de Willis, a permis de rassembler les données de plus de 29 millions de personne et a mis en évidence une incidence accrue de la maladie de Parkinson en comparant des états présentant une grande concentration de mercure et/ou de cuivre et des états étant peu ou non exposés à ces métaux lourds. L’étude de cohorte prospective menée par l’équipe de Palacio soulignent également l’association entre l’exposition au mercure et le risque de développer la maladie de Parkinson.



Quelles sont les facteurs protecteurs pour la maladie de Parkinson ?


Facteur protecteur : la caféine

Une étude de suivi de cohorte, réalisée sur 30 ans sur 8000 japonais a démontré qu’une consommation régulière de café permettrait de réduire l’incidence de la maladie de Parkinson. Le risque de développer la maladie a été mesurée à 5 fois supérieure pour les personnes ne consommant pas de café par rapport aux des personnes consommant une grande quantité de café (environ 800 ml / jour). La caféine bloque l’action de l’adénosine au niveau cérébral, l'empêchant d'agir sur les récepteurs dopaminergiques et de diminuer l'activité de la dopamine. En se fixant sur les récepteurs, elle va entraîner une restauration de l’affinité de des récepteurs à la dopamine et va faciliter son action. A ce jour, le potentiel thérapeutique d'un traitement basé sur l'administration régulière de caféine n'a pas encore été évalué.


Facteur protecteur : tabac et nicotine

Les études menées montrent un effet protecteur du tabac, il est estimé que les personnes qui fument ont 40% à 45% de risque réduits de développer la maladie de Parkinson. Une étude française a permis de montrer que deux gènes seraient modulés par le tabac et induiraient l’effet neuroprotecteur observé. Cet effet bénéfique pourrait également être dû à la nicotine présente dans la cigarette. Certains praticiens ont notamment utilisé des patchs de nicotine en tant que traitement pour la maladie de Parkinson.


Facteur protecteur : exercice physique

L’équipe de Muller a réussi à réunir 7347 hommes et mesurer objectivement leur forme physique par le Test Maximum d’Exercice (TME ou MET en anglais). Une association claire s’est dessinée entre les personnes ayant un score élevé (supérieur à 12) et les personnes ayant un score faible (inférieur à 8). Il a été estimé une réduction d’incidence de la maladie de 76% pour le premier groupe.

Une étude menée sur plus de 200.000 sujets a montré que les individus participant à une activité physique modérée à intense fréquente présentaient un risque diminué de 40% de développer la maladie de Parkinson.


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Références

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